Le Blues du départ

Nombreux sont les expatriés qui vous parleront du bonheur de l’expatriation, quelques-uns aborderont le blues des trois mois, mais peu ceux sont qui parlent du blues du départ. Si personnellement au cours de mes diverses expériences à l’étranger je n’ai jamais eu le cafard ni l’envie de rentrer, j’ai cependant toujours eu le blues du retour et celui du départ.
Cet article n’est pas très joyeux, mais c’est une réalité ^^

Les différents facteurs

 

  • le stress des préparatifs
    Un mois avant de partir, le stress des préparatifs a commencé doucement, mais sûrement à s’installer. Assez zen en temps normal, tout m’angoisse. Ai-je bien fait mes papiers ? Aurais-je le budget nécessaire ? Est-ce que j’ai pris ce qu’il fallait ? Que dois-je emmener ? Où vais-je loger ? Etc, etc… 15 jours avant de partir, je n’ai toujours pas de visa ce qui n’arrange pas le schmilblick. J’ai la sensation de courir un marathon. Je m’organise comme je peux, j’ai 10 000 personnes à voir et 1 million de trucs à faire… Parfois, j’ai la sensation que je n’en verrais jamais le bout.  Dans mon cas, j’ai dû tout préparer à la bourre, ce qui n’est pas ultra rassurant. Je pars donc en sac à dos ce qui n’est pas l’idéal pour travailler.
  • les manques
    Ma famille, mes amis, mes animaux, la bouffe, etc… Rien à faire mes proches vont terriblement me manquer. C’est assez désagréable d’avoir la sensation que tu fais tout pour la dernière fois. L’entourage a d’ailleurs la fâcheuse tendance à te rappeler tout ce que tu ne feras plus, tout ce que tu louperas avec eux…  Comme si tu n’y pensais pas assez. Profites en, tu n’en mangeras bientôt plus. Il faut absolument que l’on se voit avant que tu partes… C’est surement la dernière fois… Wow !! Je ne suis pas condamnée, je pars juste à l’étranger m***. Bref de quoi te mettre bien le cafard quand tu vas te coucher le soir. ^^
  • la déconnexion
    Quand on est sur le point de partir, tout nous semble très lointain. Je dois avouer que plus le départ approche, moins je suis en phase avec ce qui m’entoure. Je suis peu à l’écoute. En plus, si certains semblent compter les secondes qui te rapprochent de la fin de ta vie française, d’autres semblent n’en avoir rien à faire. Pourquoi tu n’réponds pas ? Moi, blabla… Tu pourrais faire un effort et être plus disponible. Oh détend toi, arrête un peu de courir partout ! On se voit le mois prochain, repousses un peu ton départ, etc…
    Alors ceux-là… Je mettrais aussi dans la catégorie des gros égoïstes, ceux qui se rappellent à notre bon souvenir, nous voyant comme une chambre d’hôtel pour les prochaines vacances. Vous trouverez mon adresse ici.
  • Les questions existentielles
    Ai-je fait le bon choix ? Est-ce que j’ai choisi le bon pays ? Vais-je m’intégrer ? Etc… Quand on quitte son pays, on le fait aussi pour certaines raisons, et à l’approche du départ je ne peux m’empêcher de me demander si j’ai fait le bon choix, si c’est le bon moment…  Quand on s’expatrie, c’est parce qu’on a des attentes (culturelles, professionnelles…). On espère que notre pays d’accueil nous comblera, qu’il nous offrira une belle vie. Parce que l’on espère, on ne peut s’empêcher de se demander si tout se passera bien, si on arrivera à s’intégrer, si on a choisi le bon endroit…  Les certitudes que l’on peut avoir au moment où l’on décide de partir, se dissipent plus le moment de s’envoler arrive. Les gens ne se rendent d’ailleurs pas compte… Que tu es courageuse, je ne le ferais pas. Tu n’as pas peur, l’Asie… La Corée c’est pas un peu dangereux avec le conflit nord-coréen ? Certaines personnes ont le don de vous rassurer. Peu de gens réalisent que l’on ne part pas que par plaisir, mais aussi par nécessité. Si c’est dur pour ceux qui restent, que dire de celui qui abandonne tout pour partir en terre inconnue.

 

Prendre du recul.

 

Pour ce qui est des préparatifs, j’essaie de me dire « la future moi verra ». Je suis partie en Chine avec une valise vide et à l’arrache, on n’a pas besoin de grand-chose pour vivre. Je ferais une petite liste de mon nécessaire de survie. Il faut se dire que l’on ne peut pas tout préparer de manière parfaite. L’imprévu rend les voyages excitants.

Pour ce qui est des manques… Dur de trouver une consolation au fait d’être loin de sa famille et de ses amis. Il faut dire que notre génération est chanceuse, nous avons Skype, etc… Je sais aussi que l’émerveillement, la découverte et les nouvelles rencontres viennent adoucir l’absence de nos proches.
Pour ce qui est de la nourriture, oui vous rêverez de saucisson au bout de trois semaines, mais j’ai la solution ici.
Chut, je ne vous ai rien dit.

Au sujet du choix, je pense que tout abandonner provoque forcément de l’angoisse. Mais si le choix de départ est réfléchi (ce qui est mon cas), il n’y a pas de raison de s’être trompé, ni d’être déçu. Je ne pars pas en idéalisant la Corée (je ne suis pas « fan de »), je pars avec des objectifs et en connaissance de cause. Il est toujours possible de rentrer de toute façon. L’expatriation n’est jamais prise à la légère, elle est souvent précédée d’une réflexion. Il faut donc juste avoir confiance en soi et couper le cérébral.

Il faut se dire la chose suivante. Il y aura toujours les bien-pensants qui feront remarquer que rien n’est pas parfait et donc autant rester en France ; les donneurs de leçons qui diront sans cesse quoi faire et que l’on s’y prend mal (même ceux qui n’ont jamais dépassés 20km) ; ceux qui ne comprendront jamais l’état dans lequel on peut se trouver, et les millions de choses que l’on a à faire… Mais ce qui importe ce sont les personnes qui nous soutiennent, ceux qui nous encouragent, nous rassurent, sont là…
Ce n’est pas Bisounours ça comme phrase ?

Conclusion

C’est une période assez désagréable. Heureusement me concernant elle ne dure jamais très longtemps, je me résonne vite. Si je devais donner un ultime conseil : sortez, détendez-vous, pensez à toutes les choses positives que vous allez vivre, profitez du présent et marrez-vous. C’est le meilleur antidote.

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