Entretiens et contrat

J’ai remarqué quelques différences entre notre mode de recrutement et celui des coréens. Mon expérience professionnelle a été très peu abordée et l’on n’a jamais parlé de mon portfolio (qui constitue souvent l’essentiel de l’entretien dans mon métier). Cela peut s’avérer être assez perturbant pour nous. Malgré le fait que j’ai bénéficié d’un recrutement particulier, j’ai passé plusieurs entretiens. Encore une fois il s’agit de mon expérience, elle n’a pas vocation à être la seule vérité.

 

Les questions
que l’on m’a le plus fréquemment posée :

 

  • Comment nous avez-vous trouvé ?
    J’imagine le Rh: « Whaou, on est connu dans le monde entier boss !! » Si j’ai appris une chose de mes relations avec l’Asie, soyez toujours francs, mais ne les vexés pas.
    Exemple : je me renseignais sur les agences de design à Séoul et j’ai découvert la vôtre via des sites spécialisés. J’ai été séduite par votre portfolio… Votre interlocuteur ne retiendra que le positif et sa déception sera moins grande que  » oh, je galérais sur Naver et je suis tombée sur vous au pif. Je me suis dit ouai pourquoi pas, vous étiez dans ma catégorie OK… «  A l’inverse n’en faites pas trop non plus. Enfin, c’est pareil ici me direz-vous, mais soyez un peu plus doux.
  • Quel est votre parcours ?
    Simple comme question, non ? Prudence matelot, on n’est pas en Gaulerie ici… Garde en tête « Naver », tu t’ai dit moteur de recherche facile et là… ​BIM ! Et bien cette question, c’est pareil.
    Au début j’ai systématiquement répondu à côté et on me l’a gentiment fait remarquer: « oui, oui… nous avons lu votre CV ». Curieusement, ce n’est pas forcément votre parcours pro qui les intéresse, mais votre vie. On se croirait à un espèce de speed dating : votre enfance, comment vous êtes arrivé à choisir ce métier, pourquoi la Corée, qu’aimeriez-vous et qu’aimez-vous dans votre vie privée… Vous aurez parfois l’impression de faire connaissance avec une personne présentée par un ami, tellement les recruteurs peuvent rentrer  dans les détails.  Je le prends personnellement comme un ​ »test​ »​ sur la force de caractère. ​Pour exemple, j’ai appris que l’un de mes ​recruteurs avait perdu son frère récemment, mais que cette expérience douloureuse lui avait permis de se rendre compte que rien n’était acquis, il bossait un peu moins pour profiter de la vie… Recruter un étranger n’est pas non plus anodin pour eux. Ils veulent savoir qui vous êtes, après tout la Corée n’est pas ouverte depuis très longtemps.
    Attention des fois, ils vous demandent vraiment votre parcours pro. Mais comment on faiiiittttt aAaAAAAaahhhh !!! Faites comme moi un mixte des deux​, parce que de toute façon, ils voudront en savoir plus sur votre vie que tout recruteur français.​
  • Votre école ?
    Oui curieusement, on m’a plus parlé de mon école que des grosses boites par lesquelles je suis passée. Préparez une petite brochure ou le lien du site dans un coin, c’est important pour eux. Si comme la mienne, votre école est en partenariat avec une école coréenne : mettez le bien en avant. C’est un gage de sérieux, surtout si l’école coréenne en question est réputée.

J’ai été assez étonnée de voir que tous ceux avec qui j’ai eu un entretien m’ont ajoutée directement sur Facebook. Skype ? Non, systématiquement : chat Facebook. Nettoyez donc bien votre profil, personnellement je n’avais rien à cacher… J’ai déjà mes parents sur Facebook.

Aujourd’hui avec mon patron, nous communiquons sur Kakao Talk. Ce petit logiciel de chat coréen est similaire à WhatsApp, il est très utilisé au pays du matin calme. De ce que j’ai compris, on utilise Kakao plus que l’on textote. Il y a des fonctions assez marrantes et des smileys WhaaOOuu pour les fans de Kpop. Bref à télécharger : c’est gratuit, très sympa et indispensable.

 

Petite chose étonnante pour un étranger : ils utilisent beaucoup de smileys (même un dirigeant de 50 ans, gérant une agence à renommée mondiale…). Personnellement, je les ai employés systématiquement une fois que mon interlocuteur l’avait fait. ​Tu veux utiliser du smiley ? Oki ^^ Ne faites pas comme moi, évitez le réflexe smileys Snoopy. Ça peut faire rire ou pas…
​J’ai analysé ​ l’usage du smileys​ de la façon suivante, leur anglais peut paraître sec. La langue coréenne n’emploie pas souvent de sujets et me semble assez direct (j’apprends donc c’est plus une intuition). Ce que vous pouvez prendre pour une phrase pas très cool, peut juste être une traduction « littérale » du coréen. Le smiley vient vous donner le ton. Gardez bien en tête cet aspect peu agréable de l’anglais coréen. Mon patron utilise des smileys à presque toutes les phrases et heureusement, car nous avons eu des quiproquos assez drôles où j’étais persuadée qu’il était fâché.

Tout a fonctionné, vous êtes embauché ?? Yippee ki yay !

 

Le Contrat

Avant de signer, pensez à demander quelques petites choses. Contrairement à la France, toutes les entreprises n’ont pas les mêmes avantages. Parfois, un salaire moins élevé peut être plus intéressant s’il a plus d’avantage. Les choses à demander :

  • les vacances. Si vous aimez les vacances oubliez la Corée. C’est en général 2 semaines par an, me semble-t-il. Certaines entreprises vous en proposent plus que d’autre, ça peut aller du simple au double
  • l’assurance santé
  • les repas, certaines entreprises offrent le repas le midi et parfois le soir si vous finissez tard
  • les horaires : elles varient beaucoup d’une entreprise à une autre
  • le billet d’avion : votre entreprise peut toucher une subvention, afin de vous en rembourser une partie ou la totalité.

En France, ces questions pourraient être mal perçues, ce qui n’est semble-t-il pas le cas en Corée. Il y a surement d’autres trucs auxquels je ne pense pas, mais n’ayez pas trop d’hésitations à poser vos questions…

C’est parti, vous signez votre contrat. Les étrangers ont un contrat différent ​des coréens, c’est normal.
Autre chose bizarre, mon patron me parle d’un « CDI », mais me demande si je veux un contrat sur 3 / 5 ou 10 ans…​ Mon amie coréenne, m’a dit que c’était normal, donc… C’est normal et je n’ai pas cherché à comprendre quoi que ce soit.​ Oui je suis comme ça :p Perso j’ai opté pour le contrat d’une durée de 5 ans, que je dois confirmer tous les ans. Chaque année, je serais amenée à renouveler ou non ma collaboration avec lui, mais lui s’engage à me donner du boulot pendant 5 ans si j’ai bien compris. ​^^

 

Conclusion

Ma première impression suite à ces différents entretiens : l’employeur cherche à établir un contrat de confiance. Trois de ceux que j’ai vu m’ont parlés de leur famille, et ont insisté sur le fait qu’on allait se voir beaucoup et qu’il était important de partager les mêmes valeurs.​ Pour eux, embaucher un étranger est une décision mûrement réfléchie et un choix à assumer. J’ai la sensation qu’ils recherchent un « associé » et que ce qu’ils attendent en terme de relation professionnel est très différent de ce qu’ils attendent des coréens.

Bon il ne vous reste plus qu’à signer et félicitation !!! ^^​
Yippee ki yay !!!

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *