Travailler en Corée #1

A la base je suis partie travailler. Selon, l’agence, l’entreprise ou ce que vous voulez, l’expérience semble très différente.

Etre une Woegougin

Vous et moi sommes ce que nous appelons en coréens des Woegougin. Nous sommes des étrangers.
Etre le seul étranger dans une société coréenne est souvent pesant. Croyez moi, moi qui ne suis pas très expats, mon dieu quel plaisir à la fin de la journée de pouvoir boire un verre avec mon meilleur ami français…. Etre une fille Woegougin a ses avantages, je suis chouchoutée: glace au bureau, on dit me demander 10 fois dans la journée si je vais bien, on s’assure que la température de mon espace est assez viable pour moi (quitte à priver untel ou untel de sa clim ou de son ventilo). J’ai également l’excuse de ne pas comprendre.

Parfois en revanche, cela peut être très pesant. Je participe à énormément de meeting en coréen que je ne comprend pas. Ma présence est en revanche obligatoire. La Corée entière doit savoir que nous avons une Woegougin à l’agence, et qui plus est française. Toujours bien mise en valeur, j’ai développé des subterfuges pour ne pas m’endormir (je me pince, me mors la langue ^^). Mais si ce n’était que ça… Que vous parliez ou non parfaitement le coréen, la discussion tournera très vite autour de vous. J’ai fais des dîners ou pendant deux heures, la conversation à tourner autour de moi, sans que personne ne me posent directement de questions. Barrière de la langue ?
Non, mon ami Romain qui est parfaitement bilingue vit exactement la même chose. Nous sommes le dernier jouet à la mode. On nous exhibe fièrement, on parle de nous, mais très rarement on nous adresse la parole, et surtout ne vous avisez pas de la prendre. Dans ce manère coréen, vous êtes l’objet de la conversation et en aucun cas un acteur: un objet. Et croyez moi, mieux vaut il qu’il en soit ainsi, vu la stupidité de certaines questions… Est ce que tu préfères le pain ou le kimchi ? Pourquoi tu n’as pas de béret ? C’est vrai que les parisiens jettent les cigarettes par terre ? Une fois, je suis allée à Paris, c’est beau mais sale. Vous allez à l’école en France ? Vous apprenez les table de multiplication ? …

 

Etre une femme.

Si vous êtes une femme, je vous invite à faire encore plus attention. Apprenez à ne pas comprendre ce qu’on vous demande. Au sein de mon travail, je ne peux pas offusquer mes clients. Oppa Sajangnim prend soin de moi, mais nous nous retrouvons parfois dans des situations compliquées. Il est très courant en Corée, même si c’est interdit, qu’un gros contrat ou qu’une réunion se termine par une petite visite chez les prostituées (ce dont mon patron à une sainte horreur, c’est quelqu’un de très bien). Il arrive parfois que certains pensent que je suis le « cadeau » de bienvenu.
Il y’a très peu de femme dans le business, je n’ai jamais fais une réunion où j’ai vu d’autres femmes autre que serveuses ou… Ma présence ne peut donc pas être liée au business. J’ai en plus un autre soucis, je suis grande, les yeux bleus, la peau blanches: je suis donc russe. Qui dit russe, dit prostituée, et même si Oppa Sajangnim dit que je suis française et designer, j’ai cet imaginaire fantasmé coréen qui me colle à la peau. La chance c’est qu’il est rare en Corée que l’on vous fasse du rentre dedans direct. Ça m’est arrivé une fois avec des clients chinois, et la réaction de mon patron a été très vves ainsi que celle de certains coréens présents.
Bref, le respect lié à l’âge veut que l’on appelle quelqu’un de plus âgé que soit Oppa (frère quand le a descend dans le grave). Oppa est la façon dont les coréennes appellent leur amant, boyfriends (le a part dans l’aigu). Oppa est d’ailleurs un élément de drague redoutable… Oups je m’éloigne. Ce jeu, ne rentrez pas dedans. Feignez de ne pas comprendre, par un Oppa vous rentrez dans le jeu de la séduction. Ca dépend des gens, nous sommes d’accord mais nous parlons là d’Ajussi qui vous voient comme une fille à la vertu légère. Esayez aussi de mettre systématiquement de la distance ou un objet entre vous et la personne assise à coté de vous. Il n’est pas rare de boire beaucoup, donc ça évite tout rapprochement.

Etre une femme Woegougin apporte l’avantage que nous sommes très chouchoutée. Enfin, moi je le suis. Il n’y a pas forcément de mauvais points à être une femme en Corée. Je ne sens pas un machisme ambiant, ni rien.
Honnêtement, à part les réunions avec certains clients, je dirais qu’avant tout je suis une Woegougin et que c’est cette position qui est souvent la plus usante.

La vie à l’agence.

En Corée, il n’y a pas d’horaires. Je peux finir à 18.00 comme terminée à 2.00. Quoi qu’il arrive je devrais être à 9.00 au travail le lendemain. Non je déconne… Si jamais je terminer très tard, j’arrive généralement plus tard le matin après avoir biensur convenu d’un horaire avec mon boss. Les horaires sont censée être 9.00 / 18.00 mais c’est tellement flexible. Je n’ai encore pas travailler le weekend, mais cela m’arrivera surement. Le travail est en revanche plus cool… Comment expliquer ?
Certes je travaille plus longtemps, mais je n’ai pas de pression et j’ai le temps (de procrastiner sur facebook, de discuter avec mes collègues…). Alors pourquoi je reste tard ? Pour les réunions et aussi parce qu’il n’est pas de très bon ton de laisser mon patron travailler seul le soir.

Pour le repas, nous mangeons tous ensemble. Souvent nous amenons notre déjeuner, mais ils nous arrivent aussi régulièrement de manger au restaurant ou de faire un barbecue au bureau. Ces moments sont très agréables, et nous échangeons beaucoup.

Dans le travail au quotidien, j’ai la chance d’avoir une équipe très agréable, avec une super ambiance de travail. On échange sur beaucoup de sujets. Même si on ne parle pas la même langue et que leur anglais se résume à « hello, oh it’s hot day today », nous avons développer une forme de communication. Mes collègues sont pour la plupart intéressants et curieux.
Ce qui n’est pas le cas pour tout le monde. Mes amis ont plus souvent des collègues inintéressants qui ne souhaitent pas leur parler (peur de l’étranger) et des supérieurs autoritaires. La pression ne vient pas du travail en lui même comme je le disais, mais bien de la hiérarchie: supérieur odieux, règles parfois (souvent) absurdes… Il est difficile de s’intégrer quand toute la journée on parle de vous comme si vous n’étiez pas présent, qu’on vous appelle par votre nationalité, ou qu’on vous reproche de ne pas faire d’effort car vous ne pouvez pas manger pimenté. Tu veux le goûter mon clacos c****** ???!!! Encore une fois ce n’est pas mon cas.
Quand j’entend mes amis expatriés parler de leur job, je m’aperçois faire partie d’une minorité.

Conclusion

J’adore mon travail et mon agence. J’ai la chance d’avoir un Sajangnim hyper compréhensif et ouvert d’esprit, sans parler de mon équipe qui est adorable. J’ai bien conscience que ce n’est pas pareil partout et que pour beaucoup le poids de la hiérarchie rend les relations aux travail très difficiles. Pour ma part,  j’adore mon job et j’adore mon agence ! Yippee-kai-yay !

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *