L’instant « weird » du départ.

Ça y’est… J’ai tout.
Aujourd’hui j’ai reçu mon visa et j’ai pris mon billet…

Je me sens tellement étrange. J’ai attendu ce moment depuis mon retour ou plus exactement depuis le 1 er octobre.
Il y’a un an, je rentrais pour ce que j’estime encore aujourd’hui être de bonnes raisons : j’avais rencontré l’amour et pour ma famille. Bon soyons honnête, surtout pour lui…

Ça s’est mal terminé et l’année qui a suivi fut un enfer.

Avant de partir en Corée, j’étais quelqu’un de très introvertis. Je n’avais pas confiance en moi, commander à un bar m’était difficile. Avec le recul, ce n’est pas Séoul qui m’a changé mais mes amis. Ils m’ont donnés confiance en moi, appris à m’aimer et à croire en l’autre.
La vie d’expat à Séoul est souvent difficile, mais je ne me souviens pas avoir été malheureuse là bas. Il y’a bien sure des hauts et des bas, mais c’est dur de ne pas avoir le smile quand on se trouve une famille, dans laquelle on a sa place.

Je regrette mon pianiste, j’ai tellement été heureuse avec lui. Forte de cette confiance nouvellement acquise et l’amour ayant cette folle particularité de rendre complètement idiot, j’ai abaissé toutes mes barrières. Il a joué son requiem qu’il a terminé par un long silence. Ce fut suffisant pour me détruire.
Il faut savoir que malgré ce manque de confiance, j’ai toujours été aventureuse et j’ai toujours su où j’allais et dans quel but. « Avancer sans cesse », cela pourrait être mon credo.

Pour la première fois de ma vie, je ne savais plus où j’allais, quoi faire… Je ne savais même plus qui j’étais. J’étais là sans envies, sans buts…
J’ai voulu rentrer, mais je n’avais plus l’énergie.

Je me retrouve dans cette ville de France que je ne connais pas, l’impatrie revient.
L’impatrie est une douleur difficilement explicable et souvent incompréhensible pour notre entourage. Ce pays dans lequel je suis née mais en fait totalement étranger. Sauf que c’est le mien, donc on ne comprend pas ma difficulté d’adaptation.
On se perd, on ne retrouve plus nos mots, on se sent exclu du monde qui nous entoure, retrouver les codes sociaux sont difficiles, on manque de références, notre sensibilité est exacerbée… On se sent un étranger chez soi.

Il y’a eu ce travail… Un patron adorable, mais un collègue exécrable et d’une rare incompétence sur certains points. C’est aussi pour ça que j’aime travailler à l’étranger, l’âge n’a pas d’importance, seul l’efficience compte. Ici… C’est une autre affaire…

Il y’a également le quotidien, étant ancienne expatriée, j’enchaîne les galères administratives… Et autres galères…

Il m’aura fallut un an pour remonter la pente, pour me retrouver et me voilà retrouver ma vie Séoulite.
Celle où j’étais toujours heureuse.
Un an de rencontres malchanceuses mais aussi heureuses, une année où j’ai appris. Je crois que si j’ai une chance dans ma vie, c’est celle d’avoir des amis extraordinaires. Ma famille Séoulite, jamais elle ne m’aura oublié et avec mes amis français jamais ils ne m’auront laissés tomber.

Et voilà, j’ai cet entretien et je repars.
Mais à 5 jours du départ, j’ai peur. J’ai tellement perdu cette année et j’ai eu tant de mal à reconstruire… J’appréhende. Est ce que ca sera aussi génial ? Vais-je y arriver ? Ne vais-je pas plus me perdre ? Aurais-je l’énergie suffisante ? Quel tournant prend ma vie ?
Je vais avoir 30 ans et je vous avoue que je ne m’imaginais pas en publicitaire aventurière.
Je suis tellement heureuse de retrouver mes garçons : Benoit, Bertrand et Romain. J’ai aussi tellement peur de les avoir un peu perdu ; tout comme j’ai peur de perdre le peu que j’ai actuellement.
Je fais ma valise et je réalise à quel point je suis chanceuse d’avoir ce nouveau départ. Je sens aussi cette pression.

Les papillons finissent toujours par mourir. Voilà en quoi aujourd’hui je crois. J’ai fais le choix.
Je pense que l’on pourrait appeler ça le petit stress du départ ?

 

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